Aller au contenu principal
Fermer

Les Hongrois commencent à voter entre fin de règne et cinquième mandat pour Viktor Orban
information fournie par AFP 12/04/2026 à 08:12

Des bulletins de vote sont placés sur un drapeau hongrois dans un bureau de vote à Budapest, au début des élections législatives en Hongrie, le 12 avril 2026 ( AFP / Ferenc ISZA )

Des bulletins de vote sont placés sur un drapeau hongrois dans un bureau de vote à Budapest, au début des élections législatives en Hongrie, le 12 avril 2026 ( AFP / Ferenc ISZA )

Les Hongrois ont commencé à voter dimanche lors d'élections législatives qui pourraient mettre fin au règne de Viktor Orban, au pouvoir depuis 16 ans, et dont le résultat est scruté par de nombreuses capitales à travers le monde, en particulier en Europe et aux Etats-Unis.

Les 7,5 millions d'électeurs dans le pays, ainsi que les plus de 500.000 autres enregistrés à l'étranger, ont le choix entre cinq partis, dans un système électoral majoritaire mixte très favorable au Fidesz. Les bureaux de vote, ouvert depuis 06H00 (04H00 GMT), fermeront à 19H00.

Les sondages des instituts indépendants prédisent une très large victoire du parti Tisza du conservateur pro-européen Peter Magyar, qui a réussi en deux ans à construire un mouvement d'opposition capable de faire de l'ombre au Premier ministre nationaliste hongrois, dont la popularité a décliné au même rythme que la croissance du pays.

"C’est maintenant notre dernière chance de choisir enfin entre l’Est et l’Ouest. Voulons-nous être une démocratie normale ou retourner vers l’Est sans possibilité de retour ? Je suis enthousiaste mais en même temps très inquiet", a expliqué à l’AFP David Banhegyi, un primo-votant de 18 ans, après avoir déposé son bulletin pour Tisza à Budapest.

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban lors de son meeting de clôture de campagne à Budapest le 11 avril 2026 ( AFP / Attila KISBENEDEK )

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban lors de son meeting de clôture de campagne à Budapest le 11 avril 2026 ( AFP / Attila KISBENEDEK )

Les institutions proches du pouvoir prévoient de leur côté une victoire de la coalition Fidesz‑KDNP de Viktor Orban, qui brigue un cinquième mandat consécutif.

"C’est une élection décisive pour la Hongrie. Il est très important pour nous que Viktor Orbán reste au pouvoir", a confié à l’AFP Maria Toth, mère au foyer de 31 ans et de deux enfants, après avoir voté dans la capitale.

"J’ai l’impression que la Hongrie est assiégée de toutes parts et que de grandes puissances comme Bruxelles essaient de dicter notre mode de vie. S’il perd, je m’inquiète pour l’avenir de mes enfants", ajoute-t-elle.

Les signes de nervosité sont cependant palpables dans les rangs du Fidesz, qui a reçu le soutien très appuyé du président américain Donald Trump.

Son vice-président JD Vance est venu à Budapest cette semaine vanter les mérites de Viktor Orban et critiquer l'ingérence des "bureaucrates de Bruxelles".

Donald Trump lui-même a multiplié les messages vendredi, promettant de mettre la "puissance économique" des Etats-Unis au service de Viktor Orban, qui a le mérite à ses yeux d'incarner la lutte contre l'immigration et la défense de la "civilisation occidentale".

- "Campagne négative" -

Le dirigeant hongrois, qui a érigé son pays de 9,5 millions d'habitants en modèle de démocratie illibérale, est considéré comme un exemple par de nombreux mouvements d'extrême droite à travers le monde.

Il est aussi proche du président russe Vladimir Poutine, et a régulièrement critiqué les sanctions de l'Union européenne contre la Russie depuis qu'il a envahi l'Ukraine en 2022.

Si Bruxelles a évité de s'exprimer ouvertement sur le scrutin, "la plupart des Etats membres seront plutôt heureux de se débarrasser d'Orban", affirme un diplomate européen, selon qui "la patience a atteint ses limites".

Viktor Orban, 62 ans, s'est très souvent opposé aux 26 autres Etats membres, et Bruxelles, qui l'accuse de saper l'Etat de droit, a gelé des milliards d'euros de financements.

Durant sa campagne, il a promis de poursuivre sa répression contre les "fausses organisations de la société civile, les journalistes vendus, les juges (et) les politiciens".

S'il l'emporte, "cela signifiera clairement (...) un basculement vers l'autoritarisme", estime Andrea Szabo, du Centre des sciences sociales de l'université ELTE.

Orban s'est aussi présenté comme un rempart contre l'Ukraine, qu'il accuse de vouloir entraîner les Hongrois dans la guerre. Mais face à la stagnation de l'économie et une corruption devenue trop flagrante, l'argument n'a pas pris, constatent les analystes.

"Le Fidesz a décidé de mener une campagne purement négative", souligne Andrea Szabo. "Il n'y a pas un seul message dont on puisse dire qu'il servirait véritablement à unifier la nation. A l'inverse, ils n'ont parlé que de la guerre, la guerre et encore la guerre (...)".

Le chef du parti Tisza, Peter Magyar, le 10 avril 2026 lors d'un meeting de campagne à Miskolc, en Hongrie ( AFP / PETER KOHALMI )

Le chef du parti Tisza, Peter Magyar, le 10 avril 2026 lors d'un meeting de campagne à Miskolc, en Hongrie ( AFP / PETER KOHALMI )

- Accusations d'ingérence -

Peter Magyar, 45 ans, qui parcourt la Hongrie sans relâche depuis mi-février, s'est engagé, lui, à améliorer les services publics, en particulier dans la santé et l'éducation.

"Donnez sa chance au changement!", a appelé cet ancien membre du Fidesz lors d'un meeting jeudi, promettant en particulier de s'attaquer à la corruption, de remettre sur pied les institutions démocratiques et de faire de la Hongrie un membre loyal de l'UE, dont elle fait partie depuis 2004.

Les analystes s'attendent à un taux de participation record, de l'ordre de 75%, avec de premiers résultats partiels attendus peu après la clôture des votes. Toutefois, en cas de résultats serrés, le vainqueur pourrait ne pas être désigné avant la fin complète du dépouillement samedi, selon le Bureau électoral national.

Alors que l'opposition hongroise craint que Viktor Orban ne reconnaisse pas le résultat des élections, des accusations d'ingérence russe et d'achat massif de voix par le Fidesz ont émergé.

Le dirigeant nationaliste a accusé en retour Tisza de "comploter avec des services de renseignement étrangers" pour manipuler les résultats.

1 commentaire

  • 09:08

    Orban est au pouvoir depuis 16 ans. Il n'a apparemment jamais cherché à organisé sa succession. Il veut continuer à exercer seul le pouvoir. La démocratie, ce n'est pas cela.


Signaler le commentaire

Fermer

A lire aussi

  • Un électeur cherche son nom sur la liste électorale affichée dans une école primaire servant de bureau de vote pour l'élection présidentielle au Bénin, à Cotonou, le 12 avril 2026 ( AFP / OLYMPIA DE MAISMONT )
    information fournie par AFP 12.04.2026 09:50 

    Les Béninois ont commencé à voter dimanche pour élire leur président lors d'un scrutin au duel déséquilibré: le ministre des Finances, Romuald Wadagni, est le grand favori face à un adversaire de faible envergure, l'enseignant et ex-ministre Paul Hounkpè. Le Bénin, ... Lire la suite

  • Une femme passe devant une affiche faisant référence à la date de l’élection présidentielle et des législatives au Pérou, un pays où le vote est obligatoire et qui a connu huit présidents depuis 2016 ( AFP / Luis ROBAYO )
    information fournie par AFP 12.04.2026 06:58 

    Confrontés à une insécurité croissante, les Péruviens élisent dimanche leur président parmi un record de 35 candidats, dans un scrutin sans favori clair, symptôme d'une décennie de crises politiques. Aucun candidat n'a dépassé les 15% d'intentions de vote, rendant ... Lire la suite

  • Le vice-président américain JD Vance à son départ d'Islamabad le 12 avril 2026 ( POOL / Jacquelyn MARTIN )
    information fournie par AFP 12.04.2026 06:57 

    Les Etats-Unis et l'Iran ont échoué à trouver un accord pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, au terme de négociations marathon à Islamabad, a annoncé dimanche le vice-président américain JD Vance, qui rentre aux Etats-Unis après avoir fait, selon lui, une ... Lire la suite

  • Conférence de presse du vice-président américain JD Vance à Islamabad le 12 avril 2026 ( POOL / Jacquelyn MARTIN )
    information fournie par AFP 12.04.2026 06:31 

    Voici les derniers événements dimanche en lien avec la guerre au Moyen-Orient, alors qu'un fragile cessez-le-feu entre l'Iran et les Etats-Unis entre dans son cinquième jour. . "Personne ne s'attendait" à un accord immédiat, selon Téhéran "Il était évident dès ... Lire la suite

Pages les plus populaires